& co : Mademoiselle Julie (film)

0914_JulieFaisons une digression par rapport à notre thématique habituelle. Après tout, le « & co » nous amène parfois à traiter de sujets variés. Ayant eu la possibilité d’assister à une projection du film « Mademoiselle Julie« , intéressons-nous un peu à ce long métrage venu du froid

Liv Ullmann est en effet la réalisatrice norvégienne de cette adaptation. Elle fut la muse et femme du réalisateur Ingmar Bergman. Je dois reconnaître une relation « tendue » avec ce dernier, pour moi inévitablement lié au film « Le septième Sceau » qui était au programme de mon baccalauréat. J’en garde un souvenir étrange, mêlant complexité et lenteur. Et Liv Ullmann semble avoir été influencée par cette époque lointaine.

Mademoiselle Julie est à l’origine une pièce de théâtre datant de la fin du XIXème, et ayant déjà connue des adaptations cinématographiques. Pour la petite histoire, Max von Sydow présent au casting du 7ème sceau évoqué précédemment avait déjà un petit rôle dans une version de 1951.

Pour sa version, Liv Ullmann fait appel à un trio d’acteurs comprenant Jessica Chastain (Mademoiselle Julie), Colin Farrell (John), et Samantha Morton (Kathleen). Ils vont porter cette adaptation avec un jeu très juste, dans un environnement très froid. Car la réalisatrice prend ici le parti de faire de son adaptation du théâtre filmé. Il n’existe que deux lieux principaux servant au minimum durant 95% du film, aucun autre personnage visible (le passage de villageois derrière un portail de bois est digne d’une production Asylum), et le tout s’étire sur 2h13. L’histoire d’amour et de haine entre les protagonistes se vit alors entre le spectateur et la réalisatrice. Doit-on aimer la lumière parfaitement travaillée, le jeu des acteurs, les décors très bien reconstitués, ou détester le rythme, l’absence d’imagination, le grotesque du traitement des situations? Rapidement il faut en convenir, malgré son palmarès, la réalisatrice se fait dévorer par la pièce de théâtre, et sa version n’a aucune touche personnelle, et en perd tout intérêt. On ne va pas au théâtre pour regarder un film, on ne va pas au cinéma pour regarder du théâtre.

Alors à qui s’adresse ce film? A des fans de la pièce pour qui chaque adaptation mérite d’être vue, assurément. A des étudiants voulant disséquer des jeux d’acteurs. A des cinéphiles qui savent que le cinéma des pays du Nord mérite d’être regardé. Mais pour en revenir à notre thématique, ce film est comme un beau gâteau sans goût : après la première bouchée on n’a pas envie d’y revenir.

Mademoiselle Julie – sortie le 10 septembre 2014

Categories: Autre
Tags: cinéma

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