1er déjeuner 2017 : ce que l’on ne veut plus voir !

Peut-être suis-je un peu mal luné en ce lendemain de 31 décembre, d’humeur râleuse pour un 1er janvier, ou juste réaliste sur une situation que l’on souhaite ne plus rencontrer en 2017 : l’attrape touriste !

En 2016 j’ai vu de nombreux établissements de qualité installés depuis plusieurs années cesser leur activité. Entre la crise économique, la peur bien réelle de sortir, et la baisse du tourisme, la restauration est dans une passe très difficile. Cela ressort aussi des différentes discussions que j’ai eu l’occasion d’avoir avec des professionnels de ce secteur. Du coup alors que certains faisaient avant salle comble avec des clients de passage, qui déçus ne revenaient pas mais étaient remplacés par d’autres tout aussi éphémères, il a fallu apprendre à fidéliser la clientèle. Pour cela une seule solution : la qualité. Alors quand je sors déçu d’une table où le repas était pourtant des plus simples, l’incompréhension me gagne.

Sur la Grand Place de Lille, je me rends dans un établissement semblant typique, mettant en avant ses frites fraiches, gaufres, sandwichs… en entrant, je vois que les frites sortent d’un sachet plastique, ce qui déjà met un peu en doute sur la notion de « fraicheur ». Je m’installe, le personnel est plutôt sympa (surtout si on considère qu’ils bossent un lendemain de gueule de bois quand leurs amis doivent encore dormir), à mi-chemin entre le service traditionnel et Big Fernand. D’ailleurs la carte aime jouer avec les noms franchouillards. Je commande un menu avec un croque-monsieur (jambon, fromage, fricassée de tomate), des frites, une boisson (Coca), et un dessert (crêpe ou gaufre). Le choix des gaufres est limité dans le menu, je demande si je peux payer un supplément pour avoir une gaufre chocolat : « non » ! Je dois avouer que c’est la première fois que cela m’arrive, en général les établissements sont habitués à ces demandes, et toujours contents d’augmenter un peu leur chiffre d’affaire, d’autant que le coût de la matière première d’une gaufre chocolat est dérisoire.

Le croque arrive avec les frites surgelées fraiches, et… je vous laisse juger.

Garniture minimum, triple épaisseur de pain, pas de salade, sauces en sachet, présentation « pour parisien »… c’est quoi ce truc !  Je goûte une frite, la cuisson intérieure est totalement imparfaite. Quand au croque, le pain étouffe tout, et les morceaux de tomate se battent en duel. Malgré tout, les ingrédients sont préparés à l’accueil, petit point positif. Chose rare, je ne vais pas finir mes frites. Arrive ensuite une crêpe qui n’est pas pour moi. 3mn après, on me rapporte la même crêpe en disant que je l’ai bien commandé « non, je voulais même une gaufre chocolat – d’accord, je vous la change si vous voulez – oui merci ». Arrive la gaufre.

J’ai déjà mangé pas mal de gaufres dans le nord ou en Belgique, je n’ai jamais eu un truc aussi compact et peu cuit à l’intérieur. C’est quand même une spécialité locale, et surement pas le dessert le plus sorcier du monde ! Pour arrêter le massacre j’évite le café, et je règle mes 18€50. Attendez, je revois le ticket bancaire en tapant cet article (car bien sûr l’addition détaillée n’a pas été donnée)… heu, si mes souvenirs sont bons le menu était dans les 15€. Donc oui, ils m’ont facturé la gaufre en plus de la crêpe ! A la rigueur, autant me la donner à la sortie !

Cet établissement (dont le nom importe au final peu) est donc exactement dans la lignée de ce que l’on ne devrait plus voir aujourd’hui : bien placé, il est avant tout un piège à touristes, attire par son décor et ses promesses, mais ne retient pas par l’assiette. Il donne une mauvaise image à l’art de vivre à la française, aux petits restos sympas et simples, image que les touristes emportent avec eux pour ne pas revenir. Certains doivent se remettre en question et aux fourneaux avant qu’il ne soit trop tard pour eux, et pour leurs confrères qui subissent des dommages co-latéraux.

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