Japon 2012 : prix d’or pour thon rouge

L’année culinaire a commencé par un événement important au Japon : la vente au prix record d’un thon rouge. La pièce de 269kg a en effet trouvé acquéreur pour 56,49 millions de yens (736.000$ / 581.000€). Le précédent record datait tout juste de 2011 pour un thon de 342kg vendu 32,49 millions de yens (423.000$/334.000€). L’information est notable, mais il est intéressant de se demander qui peut se permettre un tel prix, et pourquoi.

Certes le thon rouge (« bluefin » en VO) est très apprécie des japonais, mais pas au point de justifier un prix faisant rêver un Kerviel des mers. Non, nous sommes ici en présence d’une coutume qui est de remporter la première enchère de l’année, et cela avant tout pour le prestige de l’acheteur et l’image de sa société. Cela vaut pour ce thon comme pour un melon, il s’agit avant tout d’un argument publicitaire. Au prix des 30s d’un spot TV, cela est même bon marché, la couverture médiatique qui s’ensuit justifiant l’investissement.

Qui plus est, le thon vendu en 2011 avait été remporté par un acheteur chinois, ce qui est vécu comme un camouflet pour bien des japonais. D’autant qu’il existe une vraie guerre des prix entre les deux pays. Ajoutons pour compléter l’histoire que le poisson a été pêché dans les eaux proches de Hokkaidō se situant dans le Nord du pays. C’est donc un produit local et non importé.

Reste enfin ce fameux thon. Si comme moi votre livreur préféré de sushis annonce fièrement ne pas utiliser de thon rouge, l’espèce étant en voie de disparition, cette vente peut choquer. Émettre un jugement tranché serait bien indélicat, les différences de cultures et de modes de vie étant très différents. La chair du thon rouge est reconnue comme noble et très délicate, et aujourd’hui intégrée à la culture culinaire du pays. Au delà de cet aspect purement gustatif, il existe également un rapport à l’environnement différent du notre (vous ressentez souvent des tremblements de terre sous vos pieds?). Je ne vais même pas me risquer à essayer de l’expliquer, il faut juste se dire que la vision n’est pas la même, sans être nécessairement plus mauvaise. Il y a d’ailleurs des tentatives d’élevage de thons, montrant une réelle conscience du problème. Il est tout de même temps d’y réfléchir, le cas du dodo peut encore se répéter, sauf que de nos jours nous en sommes informé.

Malgré le prix exorbitant de ce thon, les sushis et sashimis ont été vendus au prix normal, puisque comme dit précédemment cela est avant tout de la publicité. Il parait que le goût était excellent. Pour finir, et même si je ne suis pas près d’y aller, il serait dommage de ne pas indiquer que le fameux restaurant ayant remporté la mise est le tsukiji sushi-zanmai. Visitez son site http://www.kiyomura.co.jp, il y a même de charmantes publicités en musique !

Informations pratiques :
Thon rouge, la pêche continue au Japon
-Wikipedia : Marché aux poissons de Tsukiji

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Tags: japon, poisson

Commentaires

  1. business
    business 23 janvier, 2012, 06:59

    Pourvu de deux nageoires dorsales et d’une nageoire anale, le thon arbore des couleurs métalliques : dos bleu acier, flancs grisâtres et ventre argenté. Il en existe cinq espèces : – le thon blanc ou germon : présent des Açores à l’Irlande, il est assez petit et possède une chair fine et à peine rosée. Il est utilisé en conserverie ou se trouve frais de juin à octobre. – le thon rouge : c’est le plus gros de la famille. Il est pêché en Méditerranée ou dans le Golfe de Gascogne. Sa chair, très appréciée, est toujours consommée fraîche, voire crue. – l’albacore : on le reconnaît à ses nageoires jaunes et à sa chair rosée. On le pêche toute l’année dans les eaux tropicales et équatoriales. C’est le thon le plus utilisé en conserverie. – le thon obèse ou patudo : il n’est pas aussi gros que son nom le laisse penser, au contraire, il n’excède jamais 100 kg. Peuplant les mêmes zones que l’albacore, il est surtout consommé frais. – le listao ou bonite : sa chair est aussi bonne que celle du thon rouge mais moins ferme. Les miettes de thon en conserve, c’est lui !

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